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Interview Mathilde LE GOFF et Clarisse CARIOU - Vivre FM 06/01/10
Le journaliste de Radio "Vivre FM" a interviewé
Mathilde Le Goff, directrice du développement de Tadeo, et
Clarisse Cariou ,responsable communication , le 6 Janvier 2010.
Mathilde Le Goff, directrice du développement de Tadeo, et
Clarisse Cariou ,responsable communication , le 6 Janvier 2010.
Vivre FM : Bonjour! Aujourd'hui, pour ce nouveau rendez-vous de la Vie des Entreprises, je reçois Mathilde Le Goff - directrice du développement commercial de Tadeo et Clarisse Cariou responsable communication. Tadeo est un service créé par de grandes entreprises permettant la communication entre les personnes sourdes et entendantes qui est spécifiquement adapté au monde du travail. Tadeo délivre des services en ligne de visio-interprétation en langue des signes française et de sous-titrages simultanés via une simple connexion Internet.
Vivre FM : Mathilde Le Goff - directrice du développement de Tadeo et Clarisse Cariou responsable communication sont avec nous sur Vivre FM.
Mathilde Le Goff & Clarisse Cariou : Bonjour!
Vivre FM : Un bonjour collégial pour porter la voix de Tadeo. Merci d'être ce matin sur le plateau de la Vie des Entreprises. Nous allons tout de suite essayer de comprendre le concept assez original de Tadeo. Est-ce qu'on peut essayer de mettre en place un jeu de rôle pour voir comment cela fonctionne?
Mathilde Le Goff : On va essayer tant que faire se peut de vous expliquer comment fonctionne cette technologie. C'est Mathilde qui parle. Je vais jouer le rôle d'une personne qui est manager en entreprise et qui souhaite téléphoner à sa collaboratrice, donc Clarisse... qui va être une de mes collègues sourdes et qui ne peut pas logiquement m'entendre au téléphone.
Vivre FM : Mathilde, vous souhaitez entrer en communication avez Clarisse. Vous prenez votre téléphone classique.
Mathilde Le Goff : Tout à fait je prends mon téléphone sur mon bureau. Je compose le numéro de téléphone de la Tadeo Box de Clarisse qui est son outil de communication.
Vivre FM : Ensuite comment cela se passe? Vous allez au téléphone parler normalement comme si vous parliez à n'importe qui? Une communication classique?
Mathilde Le Goff : Tout à fait. De mon côté, je compose le numéro de téléphone et là, je tombe sur une musique puis sur un opérateur. Cet opérateur va me prévenir que je suis en relation avec la plate-forme Tadeo et que je vais être mise en relation avec Clarisse Cariou. À ce moment s'est Clarisse qui accepte ou pas mon appel.
Clarisse Cariou : Si je suis une personne sourde donc oralisée que je parle, j'ai ma Tadeo Box: mon ordinateur portable. Si Mathilde m'appelle - comme je n'entends pas - je vais avoir un signal visuel donc un clignotant sur mon écran - sur ma Tadeo Box. Pour m'indiquer que quelqu'un m'appelle. Là je vois, j'ai la reconnaissance du numéro de téléphone de mon interlocuteur. Je vois que c'est Mathilde qui m'appelle et je décroche. Là, j'ai Mathilde qui me parle et la transcription instantanée de la parole est faite par l'opérateur à distance sur la plate-forme.
Vivre FM : Et cela se fait via une transcription écrite?
Mathilde Le Goff : Voilà...
Vivre FM : Comme si on voyait un texte d'ordinateur...
Clarisse Cariou : C'est cela. C'est un sous-titrage en temps réel. Une transcription instantanée de la parole faite par l'opérateur. Ici, l'outil de communication de transcription utilisée est la sténotypie assistée par ordinateur.
Vivre FM : Est-ce qu'il peut y avoir une version en transcription en LSF?
Mathilde Le Goff : Aujourd'hui, il y a deux typologies de personnes sourdes. Il y a des sourds signant qui parlent la langue des signes. Il y a des sourds qui ne parlent pas la langue des signes. Ils représentent 80 % des personnes sourdes. Ce qui est très étonnant. Tous les sourds ne parlent pas la langue des signes. On a le choix soit de communiquer en langue des signes via un interprète en langue des signes qui va faire une interprétation pour Clarisse ou de passer par le sous-titrage en temps réel pour les personnes qui ne maîtrisent pas la langue des signes. Il y a deux types et deux modes de communication
Vivre FM : Au vue de ce que vous disiez juste avant, j'imagine que la majorité de vos services sont tournés vers la transcription écrite ?
Mathilde Le Goff : Principalement oui. Etant donné que 80% des personnes sourdes ou malentendantes utilisent le sous-titrage en temps réel c'est la majorité des demandes qui sont faites aujourd'hui. Mais il y a 20 % qui traitent de la langue des signes.
Vivre FM : Ce qui est plutôt intéressant et ce qui facilite les choses... j'ai entendu qu'il y avait une pénurie de personnes qui traduisaient la langue des signes françaises. Il faut les trouver ces traducteurs, ces transmetteurs...
Mathilde Le Goff : Aujourd'hui, - c'est un nouveau métier - nous avons créé un nouveau métier de la transcription de la parole. Nous avons créé des formations pour permettre à des personnes, à des opérateurs, d'apprendre ce nouveau métier de transcription instantanée de la parole.
Vivre FM : il y a des formations qui se créent. Est-ce que ça attire du monde ? Il y a des formations qui ont été créées mais très peu de monde s'y rendait. C'est difficile de trouver ces transcripteurs ?
Mathilde Le Goff : C'est difficile mais en même temps c'est un métier qui ouvre... c'est un métier d'avenir. Il y a beaucoup de besoins en sous-titrage en temps réel pour la télévision, pour la formation pour l'information. Le métier que l'on propose est un métier d'avenir. Cela intéresse énormément de personnes d'apprendre ce nouveau métier.
Vivre FM : C'est une parenthèse, j'imagine que cela peut intéresser des auditeurs de se rapprocher de Tadeo pour exercer ce métier de traducteur en langue des signes. C'est une formation qui est longue? C'est une formation qui est financée par Tadeo? Comment ça se passe?
Mathilde Le Goff : Si je peux faire un petit point de précision sur la distinction entre des interprètes en langue des signes ou des transcripteurs de l'écrit... Aujourd'hui, la formation est en place sur la transcription écrite qui est un cycle de formation qui n'est pas le long du tout. Nous travaillons dessus avec Pôle Emploi qui est un partenaire fondateur de Tadeo. Nous y reviendront tout à l'heure… Ces formations sont sur des cycles courts de six mois et qui permettent à des personnes de rentrer tout de suite dans le vif du sujet en rentrant en formation en alternance avec une pratique concrète sur la plate-forme en mode stage/apprentissage
Vivre FM : Vous aviez raison de préciser cette nuance entre interprètes en langue des signes françaises et puis transcripteur en langage écrit. Ce sont les types de formations que vous dispensez. C'est une parenthèse mais certains auditeurs qui sont à la recherche d'emploi et qui se disent que c'est une voie intéressante. Il y a des possibilités de métier dans ce type de créneaux. C'était important de le préciser. On a compris comment fonctionnait la plate-forme via ce petit jeu de rôle. Ce n'est pas très compliqué. Sur le papier quand j'ai lu je me disais comment ça fonctionne ? Ce n'est pas non plus une centrale nucléaire. ...
Mathilde Le Goff : Non, en fait c'est très simple c'est un ordinateur portable - une Tadeo Box - une connexion Internet, deux webcams et un micro haut-parleur. Après, c'est un logiciel de visioconférence qui va permettre à la personne sourde d'être en contact avec la plate-forme de communication. Et c'est la plate-forme de communication qui va faire la traduction ou la transcription avec la personne entendantes. C'est la plate-forme qui fait le lien entre les personnes entendantes et la personne sourde.
Vivre FM : Et les usagers réussissent assez facilement à s'emparer du fonctionnement de Tadeo ? Combien de temps cela prend ?
Mathilde Le Goff : Ca peut aller très très vite. Lorsque j'appelle des personnes sourdes. Quand la personne est oralisée, j'oublie qu'il y a un intermédiaire entre nous deux. La personne sourde va me parler. Il ne m'entend pas. C'est l'opérateur qui transcrit pour lui mais, pour moi c'est totalement transparent. J'oublie qu'il y a un intermédiaire entre nous deux. C'est du temps réel. Il y a une ou deux secondes de décalage. Ça va très vite.
Vivre FM : Et la personne sourde, elle réussit bien à s'approprier ce nouvel outil ?
Mathilde Le Goff : Les personnes sourdes et malentendantes ont toujours eu l'habitude d'utiliser Internet et les nouvelles technologies pour communiquer entre elles. On connait MSN, on connait Skype, et là c'est un nouvel outil qui leur permet dorénavant de recevoir des appels. C'est une petite couche et un nouvel outil qu'ils s'approprient très vite. Ca fait l'objet d'une demi-journée de formation. C'est très simple. Il y a un accompagnement. Il va de soi qu'ils en profitent plus que largement puisqu'ils ont la possibilité d'élargir leur champ de communication même au travers du téléphone
Vivre FM : C'est ce qui est incroyable. C'était l'outil qui montrait cette fracture qu'il pouvait y avoir entre le monde des sourds et le mondes des personnes entendantes. Là, vous essayez de réparer ce fossé. Cela me paraît révolutionnaire qu'une personne sourde puisse prendre un téléphone.
Mathilde Le Goff : Hier, j'ai eu un utilisateur qui m'a dit : pour moi, Tadeo s'est comme un big-bang dans la communication. J'ai trouvé l'image très intéressante. Cela donne une réelle identité à la personne sourde dans l'entreprise. La personne sourde a son numéro de téléphone, elle a son répondeur. La personne entendante a la possibilité de laisser un message vocal qui sera transcrit après. Ils peuvent communiquer comme les personnes entendantes dans l'entreprise. Ils sont autonomes. Ils ne dépendent plus de leurs collègues pour communiquer et téléphoner.
Clarisse Cariou : Si je peux rajouter quelque chose. Sur le cadre global de ce big-bang. C'est uniquement... ce big-bang est dû à des entreprises qui ont eu cette problématique de comment maintenir en emploi ces collaborateurs sourds? Comment je peux mieux communiquer avec elle? Comment leur téléphoner et comment les inviter à une réunion? Autrefois, il était difficile de collaborer de façon très proche et facile avec des personnes sourdes. Cet outil est né de la demande et de la demande unique des entreprises pour les besoins en entreprise et de ce fait, on se rend compte que ce big-bang de la communication rétablie la relation de communication entre les personnes entendantes et n'importe quelle personne sourde ou malentendante.
Vivre FM : Il est important de préciser que Tadeo était un outil qui est né de la demande de personnes entendantes et qui voulaient rétablir cette communication. Ce ne sont pas des personnes sourdes qui se sont dits nous aussi, nous voulons téléphoner. C'est légitime. Mais c'est intéressant de souligner qu'il y avait cette volonté du monde des entendants à aller vers les personnes qui avaient ce type de handicap.
Mathilde Le Goff directrice du développement et Clarisse Cariou responsable communication sont avec nous ce matin sur Vivre FM.
Vivre FM : juste avant la pause on évoquait la façon dont Tadeo s'est créé. Ça s'est créé à partir de grandes entreprises, de gros groupes. Rien que le montage de l'entreprise est intéressant puisque ça montre que c'est un outil créé par les entreprises pour les entreprises. C'est un outil professionnel. Ce n'est pas un gadget.
Mathilde Le Goff : Oui, tout à fait. En 2006, ce sont bien des grandes entreprises qui se sont fédérées. Ce consortium d'une douzaine de grands groupes qui faisaient face à des problématiques de communication avec leurs collaborateurs sourds ont décidé de travailler main dans la main autour d'une table pour développer cette solution. Et c'est devenu Tadeo. Et qui répond aux besoins des entreprises petites ou grandes.
Vivre FM: Justement, dans les besoins... première chose : l'instantanéité. Il ne s'agit pas d'un service ou il y a besoin de passer par un opérateur où il faille réserver le matériel etc. Il ne fallait pas que cela soit trop compliqué.
Mathilde Le Goff : Tadeo se positionne sur un service spontané disponible à tout moment. Les personnes sourdes ou entendantes veulent se téléphoner. En un seul click ils se connectent à la plate-forme et ont tout de suite leur opérateur disponible pour eux.
Vivre FM : Premières chose, c'est l'instantanéité. Ensuite, autre chose primordiale... c'est bon pour toutes les entreprises mais il y a des secteurs où c'est plus qu'important. C'est la confidentialité des données. Je pense au secteur bancaire… Où il y a des échanges avec les clients par exemple. Comment respecter cette donnée?
Mathilde Le Goff : Le secteur bancaire... on peut noter le secteur des industries pharmaceutiques etc. Il y a beaucoup d'entreprises qui n'ont pas d'humour vis-à-vis du secret professionnel et des échanges de données.
Vivre FM : On est en pleine paranoïa, la peur de l'espionnage industriel... Ça fait sourire mais vous avez raison. Pour les entreprises beaucoup moins...
Mathilde Le Goff : Les entreprises ont de grandes exigences sur ces sujets. C'est un dossier qui a été pris en compte dès le départ. Il allait de soi que les opérateurs et tous les membres de l'équipe Tadeo - quel qu'ils soient - sont bien sûrs tenus au secret professionnel. Ils sont soumis aux dispositions du code pénal etc. Il y a toute une notice précise là-dessus. Ca, c'est sur les contenus des échanges. Rien ne sort tout est filtré tout est sécurisé. Il y a aussi le secret et le chiffrement des données informatiques et du transfert des données informatiques qui s'opèrent entre la Tadeo Box qui est installé dans l'entreprise et notre plate-forme qui est ailleurs. À distance. De ce fait, au niveau purement logiciel et informatique toutes les données qui transfèrent d'un poste à un autre sont bien sûr chiffrer.
Vivre FM : C'est pour cela que, pour l'instant, c'est un service qui reste dans le cadre de l'entreprise. On ne peut pas imaginer une personne chez elle, même si ce sont des échanges professionnels, qui ait recours aux services Tadeo.
Mathilde le Goff : Aujourd'hui, il arrive que des collaborateurs en entreprise soient détachés en télétravail depuis chez eux. C'est possible.
Vivre FM : C'est dans un cadre très…
Mathilde Le Goff : De toute façon, on reste dans le cadre de l'utilisation professionnelle même si l'outil est placé au domicile de la personne
Vivre FM : Il y a un cadre. Ce n'est pas la personne chez elle qui utiliserait un téléphone portable pour tout type de communication. Ça reste appliqué au cadre professionnel. Mais il y a cette ouverture au télétravail. Cela a déjà été évoqué sur le plateau de la Vie des Entreprise. Réussir à utiliser l'outil Tadeo dans un cadre de télétravail. C'était par rapport à la confidentialité des données. Là vous avez réussi à régler cette problématique.
Mathilde Le Goff : Oui. Aujourd'hui la technologie et Internet permettant de faire transférer des communications à peu près où on le souhaite rendent possible le... le télétravail. Que cela soit pour des gains de temps d'énergie. On parle aujourd'hui de taxe carbone etc. On est dans l'air du temps. Il est nécessaire de répondre à des besoins de mutualisation et à distance.
Vivre FM : Ce qui est une très bonne chose puisque ça ouvre de nouveaux métiers et de nouvelles possibilités en matière d'emploi.
Ce matin pour la Vie des Entreprises: Mathilde Le Goff - directrice du développement de Tadeo et Clarisse Cariou - responsable communication sur Vivre FM, il est 9h33
Vivre FM : Je vous propose tout de suite retrouver le portrait d'un travailleur en situation de handicap. Ce matin c'est Guy Tisserand. Le portrait réalisé par Joséphine Lo Manto.
Joséphine Lo Manto : Retrouveront Guy Tisserand, 48 ans souffrant de handicap moteur fondateur de TH Conseil en 2004. Aujourd'hui, Guy Tisserand nous livre la clé du succès pour la réussite d'une politique de handicap dans l'entreprise.
Guy Tisserand : Le regard des autres et différents à compter du moment où on n'a pas expliqué les choses. L'un des points fondamentaux de réussite ou un facteur clé du succès d'une politique du handicap est d'être capable de faire de l'information de la sensibilisation de la dédramatisation du sujet auprès de l'ensemble du collectif. Le handicap. Les freins du handicap se découpent en deux grandes parties. Les freins dits subjectifs qui sont les freins liés notamment aux représentations. Vous pensez qu'une personne handicapée est par nature moins productive moins efficace voire à l'inverse plus dynamique ou plus courageuse. Les deux ne sont pas vrais. Cela dépendra de chaque individu et pas du fait qu'il soit handicapé. C'est déjà réussi à franchir cette première strate de freins. Ce sont les freins subjectifs. Si on pense qu'une personne handicapée est plus motivée cela va induire le phénomène que l'on attendra plus de leur part que des autres. Ce n'est pas spontanément le cas. Pourquoi cela le serait ? On aura tendance à vouloir pousser les handicapés dans des positions de surexigence et de les mettre en danger professionnellement puisqu'elles vont devoir surcompenser les conséquences de leur propre handicap. Ils seront donc mis en danger. C'est Le premier niveau. Le deuxième niveau c'est le principe de compensation. La compensation du handicap. ... induite ou inscrite dans la loi du 11 février 2005 le principe de compensation raisonnable est inscrit dans cette loi. Après, est-ce que l'entreprise est en mesure de mettre en place les compensations nécessaires. Une fois qu'elle les mets ce qui est important c'est de pouvoir les expliquer à l'ensemble du collectif professionnel pour éviter le phénomène... une perception de favoritisme, ou de l'envie ou de jalousie. Parce que l'on ne comprendra pas pourquoi une personne bénéficiera de certains dispositifs spécifiques. Si on l'explique et que l'on fait de la pédagogie on comprendra pourquoi cela concerne la compensation du handicap et non pas du favoritisme.
Vivre FM : C'était le portrait de Guy Tisserand réalisé par Joséphine Lo Manto. De retour sur le plateau de la Vie des Entreprises avec Mathilde Le Goff - directrice du développement de Tadeo et Clarisse Cariou - responsable communication. C'est sur Vivre FM.
Votre entreprise est une entreprise en plein développement. Je vous avais reçu l'année dernière à ce moment vous étiez encore en train de poser quelques balises pour l'entreprise. Là, c'est sûr, le projet est bien installé. Il y a un développement qui se déplace en régions. Le terme barbare c'est Tadeoguilde. J'ai réussi à le dire! C'est l'installation de plates-formes Tadeo en régions.
Clarisse Cariou : On a monté un partenariat avec des associations expertes en surdité en région. Cela représente une petite dizaine d'associations aujourd'hui expertes en surdité. Ce partenariat s'appelle la Tadeoguilde : cela représente 250 collaborateurs partout en France. On est présent à travers ce partenariat dans toutes les régions de France. On crée des plates-formes régionales de visio-interprétation et de transcription instantanée de la parole. ...
Vivre FM : Avec un maillage du territoire français. Aujourd'hui on retrouve dans la plupart des grosses villes françaises ? Que l'on peut retrouver les services Tadeo?
Mathilde Le Goff : Aujourd'hui le maillage et sur le territoire au sens le plus large. Dans la mesure où le découpage des régions françaises compte parmi chacune d'entre elles une association membre de la Tadeoguilde aujourd'hui. Qui sont des experts en surdité. Existant depuis une vingtaine d'années dans leurs régions propres.
Vivre FM : C'était important et déterminant de passer par ces associations?
Mathilde Le Goff : Il y avait un réel intérêt et une réelle symbiose à créer un tel partenariat. À double détente. Le premier étant que ces associations travaillant sur l'aide et l'accompagnement des personnes sourdes et malentendantes que cela soit pour les enfants, pour les adolescents ou les étudiants ou les adultes en entreprise. Ces associations délivrent des prestations notamment les prestations de langue des signes sur place. En présence. Dès lors que l'apparition de Tadeo et de ses technologies qui pouvaient leur permettre d'assurer des services à distance il allait de soi que c'était un complément indéniable et intéressant pour eux puisqu'une association basée à Nancy qui devait assurer une prestation d'une heure à Strasbourg c'était deux heures de voiture pour l'interprète une heure après d'interprétation et deux heures de voiture au retour donc cinq heures mobilisées pour une personne. Aujourd'hui cette même prestation se fait à distance relève d'un atout intéressant.
Vivre FM : C'était primordial de s'appuyer sur ses antennes en région? Ces associations qui avaient déjà leur propre réseau aussi?
Mathilde le Goff : Complètement. Le premier intérêt était celui-ci pour étendre leur gamme et leurs offres de services. Le second pour revenir sur ce dont on parlait tout à l'heure le nombre d'interprètes en langue des signes en France est d'environ 267. Il était évident que de mutualiser nos forces: la plate-forme parisienne et la construction et la constitution de huit à dix plates-formes en région avec leurs interprètes permettront demain d'optimiser la réponse que nous apporterons au plan national à nos utilisateurs sourds.
Vivre FM : La machine Tadeo est en train d'avancer elle est en marche. L'entreprise est en plein développement. Mathilde Le Goff - directrice du développement de Tadeo et Clarisse Cariou - responsable communication sont avec nous ce matin sur Vivre FM.
Vivre FM : Les invités de la vie des entreprises, ce matin sont Mathilde Le Goff - directrice du développement de Tadeo et Clarisse Cariou - responsable communication. C'est sur Vivre FM. Comme je le disais c'est un peu aussi l'objet de mon invitation. C'est le développement de Tadeo. L'entreprise se construit et trouve sa place en région. Dernièrement, le mois dernier, Xavier Darcos et Nadine Morano sont venus chez vous puisque vous êtes en train de monter un projet. Expliquez nous ... je précise: Nadine Morano secrétaire d'État au handicap et Xavier Darcos qui est ministre du travail. Quel était l'objet de cette visite?
Clarisse Cariou : L'objet de cette visite c'était d'abord la visite de la plate-forme et découvrir la plate-forme et utiliser le service. Pouvoir échanger avec les utilisateurs en multiplex mais c'était également la présentation de ce que l'on appelle l'Equation. Le modèle de financement, le modèle économique permettant le financement des centres relais. C'est l'accessibilité téléphonique des personnes sourdes et malentendants. Aujourd'hui il faut savoir qu'il y a... on ne sait pas comment financer les plates-formes de communication centre relais téléphonique... Tadeo et ses partenaires entreprises et ses partenaires associatifs ont réfléchi ensemble pour essayer de mettre en oeuvre un modèle économique qui permettrait de financer les centres relais téléphoniques pour les sourds et malentendants.
Vivre FM : Ce projet a été soumis au gouvernement. Il est en examen en ce moment. Vous attendez... Vous me disiez lorsque vous m'aviez rencontré: il faut que le gouvernement s'approprie ce projet et voit comment trouver le meilleur montage financier pour financer ces centres relais. Pour le moment comment sont-ils financés?
Clarisse Cariou : Aujourd'hui, les centres relais téléphoniques sont des initiatives privées donc payées par les utilisateurs ou alors ce sont des associations qui ont des subventions.
Vivre FM : Et à long terme ? L'objectif ? C'est que ces centres soient financés de quelle manière?
Mathilde Le Goff : C'est la possibilité pour le gouvernement de ne pas avoir à débourser un centime. Mais de trouver un équilibre, un juste équilibre entre la création d'emplois puisque si M. Darcos est venu c'est au vu du potentiel de 30 000 emplois à créer pour les centres relais au niveau national. Pour qu'il y ait un équilibre financier entre des taxes qui existent, des subventions qui existent mais qui ne sont pas forcément utilisées comme tel mais qui peuvent être en collaboration avec Pole Emploi qui montera des formations. Afin d'avoir demain le vivier et les ressources nécessaires en langue des signes comme en sous-titrages.
Vivre FM : Cela a été dit au début de l'émission. Ce qui est intéressant avec Tadeo c'est que c'est vecteur d'emplois à tous les sens. À la fois en interne chez vous. Proposer des formations pour des transcripteurs donc en écrit. C'est vecteurs d'emplois. Mais aussi permettre aux personnes sourdes d'accéder à l'emploi. C'est global.
Mathilde Le Goff : On est vraiment dans l'insertion professionnelle mais également dans le maintien en emploi des collaborateurs sourds et malentendants. Ce sont ces deux critères qui motivent le projet de l'Equation présentée à M. Darcos qui se l'est déjà approprié puisque les choses ont bougé depuis le 3 décembre, le jour de sa visite.
Vivre FM : C'est intéressant de voir que ce projet montre non seulement le maintien dans l'emploi et le recrutement de personnes sourdes en entreprises mais permette aussi leur évolution. Souvent les personnes handicapées se disent : c'est bien gentil et on me recrute ou alors je suis dans l'entreprise mais je n'ai pas les mêmes possibilités d'évolution que mes autres collègues. Cet outil permet justement de monter dans l'entreprise ?
Clarisse Cariou : Ca leur permet de communiquer. Cela leur donne accès à des postes où ils sont en contact avec les clients et fournisseurs... on a des utilisateurs dans des banques qui avaient un poste en back office et qui seront prochainement en front office ils pourront accueillir les clients. On a des utilisateurs qui peuvent suivre des faisiez des formations. On a une utilisatrice qui est allée en formation pendant une semaine à Supelec pour suivre information. Elle a pu faire évoluer ses missions.
Vivre FM : Supelec, je précise, c'est une école d'ingénieurs. Les gens le sauront. Vous parliez de clientèle. Et la boucle bouclée. Maintenant Tadeo va plus loin en se tournant vers les clients des entreprises partenaires. Comment cela se passe ? C'est pareil via une plate-forme?
Mathilde Le Goff : En effet, après trois ans de travail au niveau des entreprises pour l'insertion professionnelle et le maintien en emploi. Il allait de soi que la problématique des clients dans les établissements qui reçoivent du public allaient venir. Mais il fallait la traiter aussi. Aujourd'hui, cette étude et ce projet a donné naissance à un produit à un service que l'on appelle Acceo pour rendre accessible les établissements recevant du public aux personnes sourdes et malentendantes. C'est très simple : je suis sourd, client et usager de services. Un exemple : la SNCF où je veux contacter ma banque. Je suis chez moi, j'ai un ordinateur je vais sur le site Internet de ma banque je télécharge le logiciel Acceo et grâce à ce logiciel, je peux téléphoner à ma banque et avoir un échange avec mon conseiller clientèle.
Vivre FM : Et donc c'est gratuit pour le client ?
Mathilde Le Goff : C'est tout à fait transparent et gratuit pour le client puisque c'est bien la banque ou tout autre établissement qui reçoit du public qui décide de se rendre accessible et qui souscrit aux services.
Vivre FM : Toujours dans cette logique de confidentialité. Et, ce qui est, là aussi, est primordial cela montre que les entreprises ont aussi compris qu'il y avait une diversité de leur clientèle et il y aussi des usagers qui ont besoin d'aménagements.
Mathilde Le Goff : Exactement, et il n'est pas négligeable puisqu'un Français sur 10 souffre de déficience auditive. Cette très large. C'est aussi 10 % d'usagers potentiel en plus. Ce qui représente un taux intéressant.
Vivre FM: Pour les entreprises qui nous écoutent et qui se demandent comment installer ce service... premièrement est-ce que ce service peut être financé dans le cadre d'un maintien dans l'emploi, d'un aménagement de poste par l'AGEFIP ou le FIPHFP... le fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées ?
Mathilde Le Goff : On revient sur Tadeo, en effet...
Vivre FM : On repasse sur Tadeo en interne, dans l'entreprise.
Mathilde Le Goff : Pour Tadeo. L'intégration de Tadeo en entreprise et le financement des aménagements de poste. Aujourd'hui, des entreprises qui sont plutôt de petite taille ou des PME ont en effet fait appel à l'AGEFIP et/ou FIPH qui ont pris en charge des dossiers d'aménagement des postes de travail pour des collaborateurs sourds.
Vivre FM : Le financement est pris en charge. On conçoit que Tadeo est un vecteur de progrès. Et qui contribue au maintien dans l'emploi. Ensuite, on vous contacte et on peut mettre en place la Tadeo Box. Pour cela vous allez nous donner un numéro, une adresse toutes les coordonnées que vous voulez...
Clarisse Cariou : Pour prendre contact avec nous ou avoir des renseignements, il y a le site Tadeo.www.tadeo.fr Vous pouvez également nous contacter au 01-55-97-00-00... Et là, on vous donnera avec plaisir toutes les informations que vous souhaitez. On vous proposera aussi une réunion de présentation d'utilisation de Tadeo.
Vivre FM : On peut aussi vous contacter via le site Internet. Si des personnes à la fin de cette émission se disent que j'aimerais encore en savoir plus vous avez une adresse un site Internet.
Mathilde Le Goff : En effet sur le site Internetwww.tadeo.fr; il y a un formulaire à remplir en ligne qui nous est envoyé directement et auquel on répondra avec plaisir.
Vivre FM : On peut retrouver toutes les informations sur ce site Internet. Je précise une petite chose dont on a beaucoup parlé à l'antenne de Vivre FM puisqu'on y sera présent - du forum Jobekia - Tadeo y aura un stand. Si on veut venir vers vous à l'occasion de ce salon Métier et Handicap qui se tient à La Villette mardi 12 janvier. On peut vous rencontrer. Et continuer à vous poser les questions
Clarisse Cariou : J'ajoute que les conférences de Jobekia seront transcrits et interprétés en langue des signes simultanément durant ce salon
Vivre FM : Bien sûr puisque le salon est entièrement accessible à tous les handicaps.
Merci à toutes les deux. Mathilde Le Goff directrice développement de Tadeo et Clarisse Cariou responsable communication étaient avec nous sur Vivre FM…

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